Article paru le 20/12/2007 dans 01 Informatique. Télécharger l'article
"L'Argentine, l'autre pays de l'offshore".
Avec des ingénieurs de culture européenne rémunérés aux tarifs les plus bas d'Amérique du Sud, l'Argentine se positionne comme un nouvel acteur offshore. Cette activité croît de 30% par an.
LES FAITS. En rachetant son partenaire local Network Consulting Group, Capgemini établit une tête de pont en Argentine. Basé à Buenos Aires, ce centre devrait passer de 130 collaborateurs actuellement à 1.500 d'ici 2009.
L'ANALYSE. Le changement dans la continuité. Le 10 décembre dernier, Cristina Fernández de Kirchner a succédé à son mari Nestor à la tête de l'Etat argentin. Parmi ses premières mesures, on notera la création d'un ministère dédié aux sciences et technologies. Un symbole fort de la volonté de faire de l'Argentine une destination phare des nouvelles technologies. Selon le Cessi, le Syntec Informatique argentin, le pays compte 40.000 informaticiens, dont 15.000 tournés vers l'export, et les TIC générent 1.8% du PIB. A lui seul, l'offshore représente un chiffre d'affaires de 300 millions de dollars, porté par une croissance annuelle de 30%.
Une destination plus compétitive que l'Inde.Le déclic s'est opéré en début 2003, lorsque le pays est sorti de la pire crise de son histoire. Depuis l'abandon de la parité dollar-peso, les quelques 1.000 SSII locales ont la possibilité de se faire connaître hors de leurs frontières. La destination présente, de fait, un certain nombre d'atouts. La qualité de ses ingénieurs, bilingues anglais-espagnol, tout d'abord; 56% des Argentins ont fait des études supérieures, le taux le plus élevé d'Amérique du Sud. Le pays bénéficie également d'infrastructures télécoms récentes depuis la privatisation des années 90. Quand au décalage horaire, il n'est que de quatre ou cinq heures avec la France. Enfin, sur le plan économique, la destination s'avère, d'après AT Kearney, la plus attractive du Mercosur, la communauté économique des pays d'Amérique du Sud. La très forte dévaluation en 2002 a pesé sur les salaires. En début d'un rattrapage depuis deux ans, Buenos Aires reste, d'après le cabinet d'études américain, "plus compétitive que l'Inde sur certains services".
Implantation de Capgemini après EDS, IBM ou Sabre. Autant de raisons qui ont incité Capgemini - après EDS, IBM, Intel ou l'éditeur Sabre -, à s'implanter en Argentine. Depuis son centre installé dans la capitale, la SSII proposera à ses clients européens et américains établis en Amérique Latine, des prestations de développement et de maintenance sur les technologies Java et Cobol, ainsi que sur les PGI. Au démarrage de l'activité, Eric Morgan, directeur général de Capgemini Ibérie, vise en priorité les banques et sociétés d'assurance espagnoles.
Créée en 2003, Arrabal Infoservices, opère, elle, depuis Paris, où elle emploie cinq consultants. Cette société pivot travaille avec quatre SSII argentines - soit 500 ingénieurs -, complémentaires dans leurs domaines d'expertise : .Net, Java, Flex, SAP ou le décisionnel. Arrabal commercialise ses prestations en direct ou via ses partenaires en France (Datacep et Unilog IT Training). Directeur associé d'Arrabal, Bruno van Dam a vécu vingt ans en Argentine. Pour lui, les origines du pays constituent son principal atout : 40% de la population descend d'immigrés du Vieux Continent, arrivés au XXe siècle. Une proximité culturelle qui évite bien des incompréhensions dans le cadre d'un projet offshore. Xavier Biseul.
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